Meeting de Ouargla

Dimanche, 04 septembre 2005

 

 

SYNTHESE DU DISCOURS

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a considéré à Ouargla le retour à la paix et à la quiétude comme "une priorité majeure", soulignant que la tragédie a touché l'ensemble des Algériens et qu'il faudrait une synergie des efforts pour trouver une issue définitive  à la crise.

 Le chef de l'Etat a réaffirmé que l'Algérie "ne peut plus se permettre un quelconque retour aux années 1990 après 15 ans de terreur, des dizaines de milliers de victimes, de blessés et de sinistrés et de dizaines de milliards de dégâts".

 Pour le Président Bouteflika, la politique exige de nous  d'entamer la nouvelle phase "au point où nous en sommes pour aller mieux de l'avant",  appelant à "laisser l'histoire aux historiens pour faire éclater toutes les vérités".

S'adressant aux citoyens venus des wilayas d'Illizi, El Oued, Biskra,  Tamanrasset et Djanet, le Président de la République leur dira : "Nous avons  connu la région du Sud depuis l'indépendance et ceux qui en étaient témoins,  savent pertinemment que les choses ont beaucoup évolué".

 Cependant, a-t-il ajouté, cette évolution "n'a pas été à la hauteur des attentes des habitants de cette région", exhortant, dans ce contexte, le gouvernement à accorder un "intérêt plus grand au développement des régions du sud du pays", au regard, a-t-il relevé, des "potentialités humaines et matérielles" que recèle cette région.

 Evoquant le marché de l'emploi dans les wilayas du Sud, il a dénoncé, les "politiques d'anarchie" qui favorisaient, a-t-il indiqué, "les habitants du Nord au détriment de ceux du Sud".

 Le Président Bouteflika, tout en saluant les efforts consentis en matière de développement de ces régions, a appelé les habitants de celles-ci à "s'impliquer davantage et de manière résolue" dans le processus de développement engagé en faveur de ces régions

 Le Président s'est interrogé sur l'absence de projets de développement, en dépit de l'existence du Fonds de développement du Sud, "pourtant doté de budgets conséquents".

 Il s'agit là d'une situation inacceptable", a-t-il dit, ajoutant qu'il est nécessaire de réfléchir à régler les problèmes au moment opportun et anticiper les événements".

 Le chef de l'Etat s'est dit déterminé à s'opposer fermement aux "comploteurs de tous bords qui tentent de porter atteinte aux intérêts du pays".

 Tout en s'interrogeant sur le pourquoi de la faiblesse des réalisations acquises dans le cadre du plan quinquennal, le Président Bouteflika a appelé à combattre l'oubli, souhaitant revenir un jour dans la wilaya de Ouargla et la voir plus développée.

 Devant une assistance attentive, le chef de l'Etat dira : "Je ne suis pas venu en campagne électorale, mais pour vous expliquer la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ses retombées sur la société algérienne".

 Le Président Bouteflika a indiqué qu'il était porteur d'un message de  paix et rappelé qu'il a été, en tout temps, un homme de tolérance et qui souffrait devant les douloureuses épreuves endurées par le peuple algérien durant la tragédie  nationale.

 "Je savais pertinemment que malgré l'existence d'une main étrangère qui manipulait certains qui se sont infiltrés dans nos rangs, le problème était en nous, car le bourreau autant que la victime sont des Algériens", a-t-il dit.

 Et de poursuivre : "Lorsqu'une école ou un hôpital était incendié, cela me peinait, car cette infrastructure a été construite par la sueur des Algériens".

 Le Président de la République a indiqué, dans ce contexte, qu'"il n'y pas de vainqueur mais plutôt un seul perdant : le peuple algérien et l'Algérie".

 Le chef de l'Etat a, par ailleurs, rappelé l'époque récente ou '' l'Algérie était un fleuron dans le concert des nations, jouissant d'une aura en Afrique, dans le monde arabe et  islamique et au sein des pays  non alignés".

 Le Président Bouteflika a affirmé, par ailleurs, ne pas "être venu conclure un marché, mais plutôt proposer des idées qui sont le fruit des efforts personnels d'un être humain auquel Dieu a confié cette responsabilité d’œuvrer à trouver des solutions" à la crise.

"Je ne suis pas venu vous trahir", loin s'en faut, ou "vous demander de vous prononcer sur l'amnistie générale, c'est une entreprise qui nécessite une plate forme politique, juridique et procédurale", a-t-il lancé à  l'adresse des citoyens.

 Nous devons aujourd'hui "regarder droit vers l'avenir" et "faire  preuve de perspicacité et de clairvoyance", a poursuivi le Chef de  l'Etat.

 Le Chef de l'Etat a évoqué les mesures sécuritaires, politiques et culturelles prises lors des cinq dernières années, rappelant la constitutionnalisation de Tamazight en tant que langue nationale, dans le but de préserver l'unité  nationale.

 Le Président Bouteflika a saisi également cette occasion pour souligner les efforts de l'Etat dans le cadre de l'emploi ainsi que la résorption de la crise de logement, en plus de l'alimentation des foyers en eau, en électricité et gaz ainsi que la construction des routes.

 Il a également rappelé la reconstruction de tout ce qui a était détruit par les mains criminelles. "Malgré tous ces efforts, a-t-il dit, nous sommes restés en retard".

 Pour le Président Bouteflika, la priorité des priorités reste "la paix et la sécurité", soulignant la nécessite de reconnaître que la crise a touché tout le monde". "C'est pour cette raison, a-t-il affirmé, que nous devons tous contribuer à mettre fin" à cette tragédie.

 Le Président de la République a, dans cet ordre d'idées, annoncé que l'Etat prendra en charge les familles de terroristes, ajoutant que parmi les parents de ces derniers, il y a des innocents, citant en exemple le cas de la mère d'un terroriste qui, a-t-il dit, n'a pas de relation avec les actes de son fils.

 Le Chef de l'Etat a en outre indiqué que nous devons faire preuve de tolérance dans le traitement des dossiers de ceux qui sont dans les prisons et qui n'ont pas commis des massacres collectifs, porter atteinte à l'honneur des gens et poser des explosifs dans des lieux publics.

 Le Président Bouteflika a également noté qu'il existe des personnes ayant collaboré avec le terrorisme, sans commettre de crimes et ceux condamnés par contumace. Nous devons leur pardonner si la preuve de leur non implication  dans des crimes est confirmée", a-t-il ajouté.

 Concernant les disparus, le chef de l'Etat a indiqué qu'il s'agit d'un dossier "sensible et douloureux qu'il faudra traiter dans toute sa complexité et ses ramifications en tant que tragédie nationale".

 "Peu importe, a dit le Président de la République, si les disparitions ont été causées par le terrorisme ou par les services de sécurité, ce qui est certain est que le disparu ne reviendra jamais", a-t-il indiqué.

 "Le plus important, a estimé le chef de l'Etat, est de faire preuve de tolérance et de pardon et que chacun de nous doit payer le tribut pour que l'Algérie retrouve la paix".

 Devant les citoyens, le Président Bouteflika a affirmé ne pas être venu "pour demander de voter en faveur du projet de charte pour la paix, mais de choisir l'Algérie que vous aimez et si tel sera le cas le 29 septembre prochain,  soyez surs que cela ne sera pas une fin en soi".

 Enfin, le Chef de l'Etat a encore une fois rappelé que la décision finale reste entre les mains du peuple. Il s'est engagé à respecter son choix, soulignant à ce propos, que le développement et la prospérité de l'Algérie passe inévitablement  par la paix et la stabilité.