Meeting de Béchar

Bechar, dimanche 28 août 2005

 

SYNTHESE DU DISCOURS

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a affirmé à Bechar que l'Algérie doit recouvrer la paix et la sécurité pour pouvoir se consacrer à la résolution d'autres problèmes.

 

Le Président Bouteflika a indiqué, lors d'un meeting à la salle omnisports devant une foule nombreuse de citoyens venus de Béchar, Tindouf, Naama et Adrar, que le souci premier de tout Algérien est le rétablissement de la paix, soulignant qu'il "est impératif de prévaloir l'intérêt suprême de la Nation sur l'égocentrisme et les intérêts personnels".

 

Après avoir noté que le chemin de la Réconciliation nationale est "long, difficile", le chef de l'Etat a relevé l'existence de certaines parties, au sein et à l'extérieur du pouvoir et d'autres en dehors de la scène politique qui ne veulent pas de la Réconciliation nationale.

 

Pour le Président Bouteflika, après tant d'années de souffrances, de clivage, de terreur et de Fitna, "il est temps que la situation dans notre pays change au regard des grandes mutations que connaît le monde".

 

Par ailleurs, le Chef de l'Etat a rappelé qu'il a toujours été un partisan de la Réconciliation nationale, affirmant qu'il ne s'était pas contenté de la seule adoption par le parlement de la loi sur la Concorde Civile mais qu'il avait demandé, a-t-il insisté , "le plébiscite du peuple à travers un référendum".

 

Dans le même contexte, le Président de la République a souligné la nécessité de consulter le peuple sur un projet aussi important que celui de la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale.

 

Néanmoins, a-t-il précisé, "'il y a pas de baguette magique pour pouvoir changer, du jour au lendemain, le cours des évènements ".

 

Le Chef de l'Etat, s'est élevé, en outre contre ceux, qui par leurs déclarations et écrits tentent de jeter de l'huile sur le feu pour raviver la Fitna, avec la complicité de cercles extérieurs et des ennemis de l'Algérie.

Le Président Bouteflika a encore indiqué que le peuple Algérien, qui rejette toute forme d'extrémisme, aspire, à l'instar des autres peuples du monde,"à vivre en paix". Il a également rappelé qu'il était contre toute idée d'amnistie générale, la considérant comme "un retour en arrière".

 

Le Président de la République s'est interrogé, à ce propos: qui parmi les Algériens et les Algériennes accepte un retour à l'époque des massacres et des tueries, époque qui a vu l'image de l'Algérie ternie à l'intérieur et à l'extérieur?

 

Pour le Chef de l'Etat, il n'existe pas de solution qui a pour nom amnistie générale, exprimant de ce fait, sa conviction que s'il avait demandé au peuple de plébisciter l'amnistie il l'aurait fait sans hésitation.

 

Après avoir salué le retour de la quiétude au sein de la société, le Président de la République a rappelé les démarches entreprises pour le règlement de la crise en Algérie, à commencer par la loi de la Rahma en 1995, celle de la Concorde Civile en 1999 et enfin la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale.

 

Il a ajouté que d'autres mesures seront prises à l'avenir pour consolider la démarche de la Réconciliation nationale.

 

S'agissant du dossier des disparus, le Président Bouteflika a constaté que le terrorisme est impliqué directement dans certains cas n'excluant pas le fait que d'autres disparitions relèvent de dépassements sécuritaires et administratifs.

 

"Le peuple Algérien ne peut accepter plus que ce qui est contenu dans la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale", a affirmé le Président Bouteflika, ajoutant que l'Algérie est bel et bien sur la bonne voie.

 

Il a réaffirmé son engagement à respecter la volonté et le choix du peuple lors du référendum du 29 septembre prochain, soulignant que son objectif "est de sortir définitivement le pays de la crise et lui permettre de retrouver sa véritable place dans le concert des Nations"."Une Algérie où tous les Algériens pourront vivre dans la paix et la stabilité", a-t-il insisté.

 

Par ailleurs, le Chef de l'Etat s'est engagé à garantir "un avenir radieux à même de protéger le pays contre un retour du colonialisme sous quelque forme que ce soit ".

 

Abordant, d'autre part, les essais nucléaires que la France avait entrepris dans le désert algérien durant la période coloniale, le Chef de l'Etat a estimé que la France n'aurait pu atteindre un tel niveau de progrès sans ces essais nucléaires.

Le Président de la République a tenu à préciser qu'il "n'y avait aucune animosité entre l'Algérie et la France". Notre seul but est d'avoir des relations paisibles et amicales , a poursuivi le Président Bouteflika.

 

Il a rappelé que l'Algérie travaille avec la France pour la signature d'un traité d'amitié entre les deux pays dans le respect mutuel et des intérêts des deux peuples.

 

Il a indiqué, à ce propos, que "ce que nous demandons ne relève pas de l'impossible", car, a fait remarquer le Chef de l'Etat, "les uns et les autres doivent faire preuve de bonnes intentions".

 

Le Président de la République a précisé qu'il s'agit là d'un autre message après celui lancé à partir de Sétif jeudi dernier, lorsqu'il avait appelé la France à reconnaître les crimes qu'elle avait commis à l'encontre des Algériens durant la période coloniale.

 

Le Président Bouteflika a également saisi cette occasion pour exprimer ses vifs remerciements aux citoyens des wilayas de Sétif, Bordj Bou-arreridj, Jijel, Bejaia et Batna pour l'accueil chaleureux qu'ils lui ont réservé lors de sa visite à Sétif.