SYNTHÈSE
DU DISCOURS
Le
Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a affirmé à Tizi-Ouzou que
l'amazighité "coule dans nos veines" et "ne doit en aucun cas, ni
en aucune manière, être l'apanage d'un quelconque groupuscule ou d'un parti
politique".
"Nous sommes Amazighs et l'amazighité coule dans nos veines", a affirmé le
Président de la République, ajoutant que "l'islam nous a arabisés, l'arabe est
la langue de l'Islam, une religion qui nous a toujours unis dans les moments les
plus difficiles de notre histoire".
Dans un discours prononcé au stade du 1er-Novembre 1954 devant les citoyens de
Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Boumerdès, le Chef de l'État a souligné que "tous
les habitants de la Kabylie font partie du peuple algérien et ne sauraient
reconnaître une autre patrie que l'Algérie". "Les habitants de cette région ont
payé un lourd tribut et se sont sacrifiés pour l'Algérie depuis l'époque
romaine", a souligné le Chef de l'État, qualifiant la région de Kabylie de
"cœur palpitant de l'Algérie".
Le Président de la République a rappelé, par la même circonstance, les
"origines berbères" du peuple algérien, mettant l'accent sur la contribution des
habitants de l'Afrique du Nord, dont les Berbères, à la propagation de l'Islam.
"Il faut franchir l'obstacle psychologique et dire que nous sommes Amazighs",
souligne le Président de la République pour qui "les problèmes ne se règlent
pas en se confinant dans une attitude d'opposition, mais par une participation
effective de l'ensemble des partenaires" en vue, a-t-il dit, de "trouver
les solutions adéquates".
Tout en affirmant être porteur d'un message de paix et de réconciliation émanant
du peuple algérien à toutes les régions du pays, le Président Bouteflika a
rappelé qu'il était "le premier Président à avoir reconnu l'amazighité en tant
que langue nationale", affirmant que l'amazighité "appartient à l'ensemble du
peuple algérien et nul n'est en mesure de s'approprier cette composante de
notre identité".
En
outre, le Président de la République qui s'est interrogé sur les va-et-vient de
certains membres de représentations étrangères dans cette région du pays, a
exprimé son refus de voir des "solutions imposées de l'étranger".
Le Chef de l'État a, d'autre part, relevé le retard accusé dans la réalisation
des projets de développement dans la wilaya de Tizi-Ouzou et s'est interrogé sur
la non concrétisation de nombreux projets au moment, a-t-il dit, où "l'argent
dort dans les caisses". Il a insisté sur la nécessité de "se mettre sérieusement
au travail pour rattraper les retards enregistrés dans ce domaine".
L'Algérie "se construit grâce à la volonté et à la détermination de son peuple
et non par des slogans creux distillés par des perturbateurs de tous bords", a
encore dit le Chef de l'État.
Faisant une rétrospective des années durant lesquelles l'Algérie a vécu les
affres du terrorisme, le Chef de l'État a précisé que "l'Islam, religion de
tolérance et de pardon, ne peut, en aucun cas, cautionner les massacres et les
destructions qui ont été commis dans notre pays au nom de cette religion".
Tout en énumérant les bienfaits de la loi sur la concorde civile qui a permis à
de nombreux égarés de retrouver le droit chemin et de réintégrer la société, le
Président de la République a estimé que le temps est venu de mettre fin à une
tragédie qui n'a que trop duré. "15 ans, ça suffit, il faut que les Algériens
cessent de s'entretuer", a-t-il insisté.
A
ce propos, le Chef de l'État a mis en évidence le projet de Charte pour la paix
et la réconciliation qui, a-t-il souligné, "même s'il comporte des choses qui
ne conviennent pas à certains", constitue "l'unique alternative pour sortir de
cette situation".
"Ce projet de Charte est le minimum de ce que nous avons pu offrir au peuple
algérien pour rétablir la paix et la sécurité", a-t-il indiqué, précisant que
l'Algérie "ne se limite pas à une région déterminée, mais elle s'étend de
Maghnia à Tébessa et d'Alger à Bordj Badji-Mokhtar".
A
ce titre, le Président de la République dira que la réconciliation n'est pas
dictée d'en haut, mais elle est l'émanation de l'ensemble du peuple algérien.
"Laissons parler nos cœurs et faisons-nous confiance les uns les autres.
L'Algérie est notre patrie, elle est assez large pour nous abriter tous", a-t-il
encore dit.
Évoquant les conséquences de la tragédie nationale, le Chef de l'État a affirmé
que l'Algérie "ne peut pas revenir aux années 1990".
Évaluant à 30 milliards de dollars les dégâts occasionnés par le terrorisme, le
Président de la République a insisté sur la nécessité de tourner cette
douloureuse page de l'Histoire de l'Algérie.
Il a également appelé les citoyens à oeuvrer dans le bon sens pour, a-t-il dit,
"rattraper le train de la mondialisation".
"Nous
sommes un pays exportateur de capitaux et de cadres et je suis persuadé que
notre pays peut devenir l'un des dragons de l'Afrique et du tiers-monde durant
la prochaine décennie. Vous en avez les moyens et les capacités", a lancé le
Président de la République à l'adresse de l'assistance.
A
cet égard, il s'est engagé à prendre en charge toutes les victimes de la
tragédie nationale, assurant que les autres problèmes liés au chômage, au
logement, à l'enseignement et à la santé, seront résolus.
"Il y aura du travail pour tout le monde et, grâce à vous, citoyens, nous
pourrons venir à bout de tous les problèmes", a-t-il rassuré.
S'agissant du dossier des disparus, le Président de la République a indiqué qu'il
sera résolu dans le cadre de la prise en charge des victimes de la tragédie
nationale.
"Ce
qui est aujourd'hui important est de se pencher sérieusement sur ce dossier pour
le résoudre d'une manière définitive", a-t-il encore affirmé.
Évoquant les relations algéro-françaises, le Président de la République a
réitéré la volonté de l'Algérie de signer le traité d'amitié avec ce pays,
appelant la France à "reconnaître ses crimes, commis à l'encontre du peuple
algérien durant la période coloniale". Et d'ajouter "ceux qui défendent les
intérêts de la France sont libres de le faire. Moi, je défends les intérêts de
mon pays, car nous avons définitivement appris à mettre l'Algérie d'abord et
avant tout".
Enfin, le Chef de l'État a rendu hommage à toutes les forces vives de la
nation, dont les forces de sécurité pour les sacrifices consentis durant la
phase cruciale de lutte contre le terrorisme, appelant les citoyens à se rendre
en masse le 29 septembre prochain pour se prononcer sur le projet de Charte.
S'adressant à l'assistance, il dira à ce sujet : "la génération de Novembre
1954 avait été choisie par Dieu pour se sacrifier et libérer le pays du
colonialisme, alors que la votre a été choisie pour faire la paix et la
réconciliation. Le destin de l'Algérie est entre vos mains, soyez au rendez-vous
avec l'histoire".
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