Meeting de Tizi-Ouzou

Lundi, 19 septembre 2005

SYNTHÈSE DU DISCOURS

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a affirmé à Tizi-Ouzou que l'amazighité "coule dans nos veines" et "ne doit en aucun cas, ni en aucune manière, être l'apanage d'un quelconque groupuscule ou d'un parti politique".

"Nous sommes Amazighs et l'amazighité coule dans nos veines", a affirmé le Président de la République, ajoutant que "l'islam nous a arabisés, l'arabe est la langue de l'Islam, une religion qui nous a toujours unis dans les moments les plus difficiles de notre histoire".

Dans un discours prononcé au stade du 1er-Novembre 1954 devant les citoyens de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Boumerdès, le Chef de l'État a souligné que "tous les habitants de la Kabylie font partie du peuple algérien et ne sauraient reconnaître une autre patrie que l'Algérie". "Les habitants de cette région ont payé un lourd tribut et se sont sacrifiés pour l'Algérie depuis l'époque romaine", a souligné le Chef de l'État, qualifiant la région de Kabylie de "cœur palpitant de l'Algérie".

 Le Président de la République a rappelé, par la même circonstance, les "origines berbères" du peuple algérien, mettant l'accent sur la contribution des habitants de l'Afrique du Nord, dont les Berbères, à la propagation de l'Islam.

"Il faut franchir l'obstacle psychologique et dire que nous sommes Amazighs", souligne le Président de la République pour qui "les problèmes ne se règlent pas en se confinant dans une attitude d'opposition, mais par une participation effective  de l'ensemble des partenaires" en vue, a-t-il dit, de "trouver les solutions adéquates".

Tout en affirmant être porteur d'un message de paix et de réconciliation émanant du peuple algérien à toutes les régions du pays, le Président Bouteflika a rappelé qu'il était "le premier Président à avoir reconnu l'amazighité en tant que langue nationale", affirmant que l'amazighité "appartient à l'ensemble du peuple algérien et nul  n'est en mesure de s'approprier cette composante de notre identité".

En outre, le Président de la République qui s'est interrogé sur les va-et-vient de certains membres de représentations étrangères dans cette région du pays, a exprimé son refus de voir des "solutions imposées de l'étranger".

 Le Chef de l'État a, d'autre part, relevé le retard accusé dans la réalisation des projets de développement dans la wilaya de Tizi-Ouzou et s'est interrogé sur la non concrétisation de nombreux projets au moment, a-t-il  dit, où "l'argent dort dans les caisses". Il a insisté sur la nécessité de "se mettre sérieusement au travail pour rattraper les retards enregistrés dans ce domaine".

L'Algérie "se construit grâce à la volonté et à la détermination de son peuple et non par des slogans creux distillés par des perturbateurs de tous bords", a encore dit le Chef de l'État.

 Faisant une rétrospective des années durant lesquelles l'Algérie a vécu les affres du terrorisme, le Chef de l'État a précisé que "l'Islam, religion de tolérance et de pardon, ne peut, en aucun cas, cautionner les massacres et les destructions qui ont été commis dans notre pays au nom de cette religion".

 Tout en énumérant les bienfaits de la loi sur la concorde civile qui a permis à de nombreux égarés de retrouver le droit chemin et de réintégrer la société, le Président de la République a estimé que le temps est venu de mettre fin à une tragédie qui n'a que trop duré. "15 ans, ça suffit, il faut que les Algériens cessent de s'entretuer", a-t-il insisté.

 A ce propos, le Chef de l'État a mis en évidence le projet de Charte pour la paix et la réconciliation qui, a-t-il souligné, "même s'il comporte des choses qui ne conviennent pas à certains", constitue "l'unique alternative pour sortir de cette situation".

 "Ce projet de Charte est le minimum de ce que nous avons pu offrir au peuple algérien pour rétablir la paix et la sécurité", a-t-il indiqué, précisant que l'Algérie "ne se limite pas à une région déterminée, mais elle s'étend de Maghnia à Tébessa et d'Alger à Bordj Badji-Mokhtar".

 A ce titre, le Président de la République dira que la réconciliation n'est pas dictée d'en haut, mais elle est l'émanation de l'ensemble du peuple algérien.

 "Laissons parler nos cœurs et faisons-nous confiance les uns les autres. L'Algérie est notre patrie, elle est assez large pour nous abriter tous", a-t-il encore dit.

Évoquant les conséquences de la tragédie nationale, le Chef de l'État a affirmé que l'Algérie "ne peut pas revenir aux années 1990".

 Évaluant à 30 milliards de dollars les dégâts occasionnés par le terrorisme, le Président de la République a insisté sur la nécessité de tourner cette douloureuse page de l'Histoire de l'Algérie.

 Il a également appelé les citoyens à oeuvrer dans le bon sens pour, a-t-il dit, "rattraper le train de la mondialisation".

 "Nous sommes un pays exportateur de capitaux et de cadres et je suis persuadé que notre pays peut devenir l'un des dragons de l'Afrique et du tiers-monde durant la prochaine décennie. Vous en avez les moyens et les capacités", a lancé le Président de la République à l'adresse de l'assistance.

 A cet égard, il s'est engagé à prendre en charge toutes les victimes de la tragédie nationale, assurant que les autres problèmes liés au chômage, au logement, à l'enseignement et à la santé, seront résolus.

 "Il y aura du travail pour tout le monde et, grâce à vous, citoyens, nous pourrons venir à bout de tous les problèmes", a-t-il rassuré.

 S'agissant du dossier des disparus, le Président de la République a indiqué qu'il sera résolu dans le cadre de la prise en charge des victimes de la tragédie nationale.

 "Ce qui est aujourd'hui important est de se pencher sérieusement sur ce dossier pour le résoudre d'une manière définitive", a-t-il encore affirmé.

 Évoquant les relations algéro-françaises, le Président de la République a réitéré la volonté de l'Algérie de signer le traité d'amitié avec ce pays, appelant la France à "reconnaître ses crimes, commis à l'encontre du peuple algérien durant la période coloniale". Et d'ajouter "ceux qui défendent  les intérêts de la France sont libres de le faire. Moi, je défends les intérêts de mon pays, car nous avons définitivement appris à mettre l'Algérie d'abord  et avant tout".

 Enfin, le Chef de l'État a rendu hommage à toutes les forces vives de la nation, dont les forces de sécurité pour les sacrifices consentis durant la phase cruciale de lutte contre le terrorisme, appelant les citoyens à se rendre en masse le 29 septembre prochain pour se prononcer sur le projet de Charte.

 S'adressant à l'assistance, il dira à ce sujet : "la génération de Novembre 1954 avait été choisie par Dieu pour se sacrifier et libérer le pays du colonialisme, alors que la votre a été choisie pour faire la paix et la réconciliation. Le destin de l'Algérie est entre vos mains, soyez au rendez-vous avec l'histoire".