Meeting de Sétif

Jeudi, 25 août 2005

SYNTHESE DU DISCOURS

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a affirmé jeudi à Sétif que le projet de Réconciliation Nationale "est plus précis, plus vaste et plus clément" que la loi sur la Concorde Civile. Le Chef de l'Etat qui a animé un meeting populaire au stade du 8 Mai 45 sur le projet de la Charte pour la Paix et la Réconciliation nationale qui a réuni de nombreux citoyens des wilayas de Sétif, Bordj Bou Arréridj, M'sila, et Jijel a souligné que le Projet de Charte "propose des solutions aux problèmes que vit le pays en prenant en considération la volonté du peuple".

"Ceux qui ont été touchés par la crise sont issus de nous et nous leur appartenons", a ajouté le Président Bouteflika, précisant que "toutes les tutelles sur le peuple ont été levées" et que le peuple "est souverain et a le droit de choisir en toute liberté".

Dans le même contexte, le Président Bouteflika a noté que la famille "de celui qui est devenu terroriste n'est pas responsable des actes de ce dernier".

"Il est important de traiter cette question en toute clémence, générosité foi et civisme afin de réunir les enfants de la Nation algérienne", a encore indiqué le Chef de l'Etat, ajoutant que le projet de Charte sur la Paix et la Réconciliation nationale "est un sujet très délicat qui, au delà du parlement, nécessite l'avis du peuple".

Le 29 septembre prochain, a-t-il souligné, le peuple "tranchera sur la question par référendum et sa décision sera respectée quelle qu'elle soit".

Revenant sur les résultats de la loi sur la Concorde Civile, "plébiscitée par le peuple en septembre 99", le Président Bouteflika a souligné qu'il était "nécessaire de renforcer ses fruits", car, a-t-il poursuivi, "il est impossible que perdure la haine entre les enfants d'une même Nation".

Réaffirmant avec insistance que "l'Algérie a besoin de réunir ses enfants afin de surmonter la crise, de tourner la page et d'aller de l'avant", le Président de la République a exhorté le peuple à "changer de mentalité".

Le Chef de l'Etat a, par ailleurs, rassuré "ceux qui demeurent dans les maquis" en leur tendant une "main blanche, sans rancune, au nom du peuple".

A ce sujet, il a rappelé que "seuls ceux qui ne sont pas impliqués dans des massacres, viols, pose d'explosifs ont encore une chance de retrouver une place au sein de la société".

Par ailleurs, le Président Bouteflika a précisé que le projet proposé au référendum "n'implique pas une amnistie générale". "Ceux qui parlent d'amnistie générale sont dans la confusion", a souligné le Chef de l'Etat.

"Il ne s'agit pas, a-t-il expliqué d'amnistier les Harkis, les pieds noirs, et ceux qui sont impliqués dans des massacres, viols ainsi que ceux qui ont posé des explosifs dans des lieux publics".

"Seul Dieu peut accorder le pardon général, qui n'est pas du ressort de l'homme", a-t-il ajouté.

Après avoir souligné que l'Amnistie fiscale n'est également pas incluse dans le projet, le Chef de l'Etat a relevé : alors qu'il s'agit de paix, certains s'évertuent a présenter les choses comme s'il s'agissait d'une amnistie fiscale. "Je suis contre toute idée d'amnistie fiscale", a affirmé le Chef de l'Etat.

Poursuivant ses explications sur les idées contenues dans le projet, le Chef de l'Etat a fait observer que les problèmes de l'Algérie "doivent trouver leur solution ici en Algérie même et seul le peuple Algérien est capable d'assumer cette responsabilité".

Concernant le dossier des disparus, il a indiqué que ces derniers "sont également des victimes de la tragédie Nationale".

Après avoir relevé la difficulté de distinguer, "parmi les disparus, ceux qui ont quitté le pays, ceux qui sont dans les maquis et ceux qui sont morts", le Président Bouteflika a souligné l'importance de traiter ce dossier avec délicatesse. A ce sujet, il a assuré que "la loi sera sévère avec tous ceux qui se sont rendus responsables de dépassement".

D'autre part, le Président Bouteflika a rendu hommage aux forces de l'ordre, à l'Armée Nationale Populaire (ANP) et à tous les citoyens "honnêtes grâce à qui l'Algérie est restée debout".

Le Président de la République a, enfin, appelé le peuple à s'exprimer sur le projet de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale le 29 septembre pour que, a-t-il dit, l'Algérie sorte de cette zone obscure et d'isolement pour retrouver la place qui est la sienne dans le concert des Nation".

Le Chef de l'Etat s'est, dans cette optique, dit "confiant" que "le peuple qui a voté en majorité pour la concorde civile en avril 99, optera également pour la Réconciliation Nationale".

Auparavant, et au début de son Discours, le Président Bouteflika avait mis en relief le développement économique qui "distingue cette région des autres wilayas du pays" et relevé le rôle joué par la région de Sétif dans la guerre de libération Nationale, notamment dans les manifestations du 8 mai 45 soulignant qu'il était impératif pour l'ancien colonisateur de reconnaître ses erreurs et les massacres commis contre les populations Algériennes.