SYNTHESE DU
DISCOURS
Le
Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a affirmé jeudi à Sétif que
le projet de Réconciliation Nationale "est plus précis, plus vaste et plus
clément" que la loi sur la Concorde Civile. Le Chef de l'Etat qui a animé un
meeting populaire au stade du 8 Mai 45 sur le projet de la Charte pour la Paix
et la Réconciliation nationale qui a réuni de nombreux citoyens des wilayas de
Sétif, Bordj Bou Arréridj, M'sila, et Jijel a souligné que le Projet de Charte
"propose des solutions aux problèmes que vit le pays en prenant en considération
la volonté du peuple".
"Ceux qui ont été touchés par la crise sont issus de nous et nous leur
appartenons", a ajouté le Président Bouteflika, précisant que "toutes les
tutelles sur le peuple ont été levées" et que le peuple "est souverain et
a le
droit de choisir en toute liberté".
Dans le même contexte, le Président Bouteflika a noté que la famille "de celui
qui est devenu terroriste n'est pas responsable des actes de ce dernier".
"Il est important de traiter cette question en toute clémence, générosité foi et
civisme afin de réunir les enfants de la Nation algérienne", a encore indiqué le
Chef de l'Etat, ajoutant que le projet de Charte sur la Paix et la
Réconciliation nationale "est un sujet très délicat qui, au delà du parlement,
nécessite l'avis du peuple".
Le
29 septembre prochain, a-t-il souligné, le peuple "tranchera sur la question par
référendum et sa décision sera respectée quelle qu'elle soit".
Revenant sur les résultats de la loi sur la Concorde Civile, "plébiscitée par le
peuple en septembre 99", le Président Bouteflika a souligné qu'il était
"nécessaire de renforcer ses fruits", car, a-t-il poursuivi, "il est impossible
que perdure la haine entre les enfants d'une même Nation".
Réaffirmant avec insistance que "l'Algérie a besoin de réunir ses enfants afin
de surmonter la crise, de tourner la page et d'aller de l'avant", le Président
de la République a exhorté le peuple à "changer de mentalité".
Le
Chef de l'Etat a, par ailleurs, rassuré "ceux qui demeurent dans les maquis" en
leur tendant une "main blanche, sans rancune, au nom du peuple".
A
ce sujet, il a rappelé que "seuls ceux qui ne sont pas impliqués dans des
massacres, viols, pose d'explosifs ont encore une chance de retrouver une place
au sein de la société".
Par ailleurs, le Président Bouteflika a précisé que le projet proposé au
référendum "n'implique pas une amnistie générale". "Ceux qui parlent d'amnistie
générale sont dans la confusion", a souligné le Chef de l'Etat.
"Il ne s'agit pas, a-t-il expliqué d'amnistier les Harkis, les pieds noirs, et
ceux qui sont impliqués dans des massacres, viols ainsi que ceux qui ont posé
des explosifs dans des lieux publics".
"Seul Dieu peut accorder le pardon général, qui n'est pas du ressort de
l'homme", a-t-il ajouté.
Après avoir souligné que l'Amnistie fiscale n'est également pas incluse dans le
projet, le Chef de l'Etat a relevé : alors qu'il s'agit de paix, certains
s'évertuent a présenter les choses comme s'il s'agissait d'une amnistie fiscale.
"Je suis contre toute idée d'amnistie fiscale", a affirmé le Chef de l'Etat.
Poursuivant ses explications sur les idées contenues dans le projet, le Chef de
l'Etat a fait observer que les problèmes de l'Algérie "doivent trouver leur
solution ici en Algérie même et seul le peuple Algérien est capable d'assumer
cette responsabilité".
Concernant le dossier des disparus, il a indiqué que ces derniers "sont
également des victimes de la tragédie Nationale".
Après avoir relevé la difficulté de distinguer, "parmi les disparus, ceux qui
ont quitté le pays, ceux qui sont dans les maquis et ceux qui sont morts", le
Président Bouteflika a souligné l'importance de traiter ce dossier avec
délicatesse. A ce sujet, il a assuré que "la loi sera sévère avec tous ceux qui
se sont rendus responsables de dépassement".
D'autre part, le Président Bouteflika a rendu hommage aux forces de l'ordre, à
l'Armée Nationale Populaire (ANP) et à tous les citoyens "honnêtes grâce à qui
l'Algérie est restée debout".
Le
Président de la République a, enfin, appelé le peuple à s'exprimer sur le projet
de la Charte pour la Paix et la Réconciliation Nationale le 29 septembre pour
que, a-t-il dit, l'Algérie sorte de cette zone obscure et d'isolement pour
retrouver la place qui est la sienne dans le concert des Nation".
Le
Chef de l'Etat s'est, dans cette optique, dit "confiant" que "le peuple qui a
voté en majorité pour la concorde civile en avril 99, optera également pour la
Réconciliation Nationale".
Auparavant, et au début de son Discours, le Président Bouteflika avait mis en
relief le développement économique qui "distingue cette région des autres
wilayas du pays" et relevé le rôle joué par la région de Sétif dans la guerre de
libération Nationale, notamment dans les manifestations du 8 mai 45 soulignant
qu'il était impératif pour l'ancien colonisateur de reconnaître ses erreurs et
les massacres commis contre les populations Algériennes.
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