MEETING  DE LAGHOUAT

Laghouat, samedi 24 septembre 2005

SYNTHESE DU DISCOURS

 

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a affirmé à Laghouat que les membres de la "direction du parti dissous qui ont mis le feu" à l'Algérie, durant les années du terrorisme, ne peuvent plus prétendre à une activité politique.

 

"Il y a des frères dans la direction du parti dissous qui me reprochent de les avoir lésé parce que le projet de charte leur interdit l'activité politique. Croient-ils que le peuple algérien a oublié les 15 années" de terrorisme, a dit le Président Bouteflika, lors d'un meeting à Laghouat dans le cadre de la campagne sur le projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

 

"On ne saurait permettre de revenir sur la scène politique les gens qui ont mis le feu quinze années durant (...) Quinze ans ça suffit", a-t-il martelé.

 

Il ne s'agit pas d'une "injustice envers eux ou d'une atteinte à leur dignité", mais il est demandé à chaque Algérien, a expliqué le Chef de l'Etat, de faire des sacrifices pour la consécration de la réconciliation nationale.

 

"La démocratie anarchique qui a pris forme après les événements d'octobre 1988, a donné naissance à un climat ayant favorisé la violence et poussé certains à croire que le recours à la violence faisait partie de la démocratie", a-t-il ajouté.

 

"Tous ceux qui ont eu recours à la violence se sont éloignés de la démocratie. Ils ne sont pas des nôtres et nous ne sommes pas des leurs", a-t-il souligné.

 

D'un autre côté, a-t-il poursuivi, "des démocrates eux-mêmes sont tombés  dans le piège en combattant la violence des armes par la violence verbale, jetant  ainsi de l'huile sur le feu du terrorisme".

 

"Nous ne voulons ni d'un Etat islamique, théocratique, ni d'un Etat laïc", a-t-il encore dit, rappelant que la Constitution "stipule clairement que la religion de l'Etat est l'islam".

 

"Alors que l'islam et son Livre Saint, le Coran, appellent à un débat pacifique, les terroristes ont, par contre, suivi une vision dénaturée de notre religion. Ils ont égorgé des bébés, tué des vieillards et violé des femmes", a déploré le Président Bouteflika.

 

"Celui qui tue une seule personne, c'est comme s'il avait tué l'humanité entière, et celui qui fait revivre une seule personne, c'est comme s'il avait fait revivre l'humanité entière. C'est ce que dit l'islam", a martelé le Président de la République, citant un verset du Coran.

 

"Nous croyons tous en Dieu, en son prophète et au jour du Jugement dernier  et nous croyons aussi en l'Algérie", a-t-il affirmé. Le Coran "nous réunit  et nous ne divise pas. C'est en s'armant de ses préceptes que les moudjahidine  ont combattu le colonialisme", a ajouté le Chef de l'Etat.

 

D'autre part, le Président Bouteflika a affirmé que "les familles des terroristes, leurs mères, leurs épouses et leurs enfants, sont innocents". "Ils font partie de nous et la communauté nationale doit les prendre en charge", a-t-il insisté.

 

Le Président a souligné que "l'Algérie ne mérite pas que nous transmettions aux générations futures l'héritage de la haine et la culture de la vengeance".

 

Dans ce contexte, M. Bouteflika a rendu hommage à "un homme qui a perdu toute sa famille, décimée par les terroristes. Cet homme, dont il ne voudrait pas que je cite le nom, a agi en homme de bien en adoptant et prenant en charge une famille de terroristes".

 

"C'est cela l'esprit même de la réconciliation nationale. Ce sont là la dignité et les valeurs enracinées dans le peuple algérien", s'est-il félicité.

 

Abordant le dossier des disparus, un "problème épineux", le Chef de l'Etat a demandé au peuple algérien de considérer tous les disparus d'un même point de vue, rappelant qu'il a, lui-même, perdu un membre de sa famille, un neveu, dont le sort n'a, jusqu'à l'heure, pas été élucidé.

 

"Ceux qui ont eu un proche assassiné doivent avoir une pensée pieuse en sa mémoire et ceux qui ont un proche disparu qu'ils prient pour son retour ou pour que Dieu lui accorde Sa miséricorde. Je souhaite le retour de tous les disparus, mais nous sommes tenus de prendre en charge les familles de ceux qui ne reviennent pas", a-t-il encore dit.

 

L'Etat algérien "se doit de trouver une solution juste au problème des disparus et il le fera", a affirmé le premier magistrat du pays.

 

La réconciliation nationale "nécessite du temps", mais les "solutions demeurent entre nos mains", a poursuivi le Président Bouteflika

 

"Ce que je dis dans chaque meeting, a-t-il encore dit à l'adresse de l'assistance, c'est que vous devez savoir que nous sommes dans une République démocratique et populaire. Vous êtes libres de voter pour ou contre" le projet de charte qui sera soumis à référendum le 29 septembre. "Nous appliquerons ce que décidera la majorité du peuple", a-t-il promis.

 

Le Chef de l'Etat a souligné qu'il n'y avait pas d'alternative à la solution de sortie de crise en dehors du projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale. "Si vous n'acceptez pas ce qui vous est proposé aujourd'hui, vous vous trouverez, tôt ou tard, dans l'obligation de le faire", a-t-il estimé.

 

M. Bouteflika a, en outre, affirmé que "la solution à la crise ne saurait venir de l'étranger". "Vous devez résoudre vos problèmes par vous-mêmes", a-t-il insisté.

 

Le Président de la République a dénoncé, dans ce cadre, les "voix qui, depuis longtemps, et durant toute l'histoire de l'Algérie, portent atteinte à la réputation du pays et à sa place au sein de la communauté internationale".

 

Depuis 1999, "nous avons appliqué la politique de concorde nationale, qui a permis le retour au calme", a-t-il poursuivi, citant également "l'effort entrepris dans les domaines social, économique et culturel", grâce auxquels le chômage et la crise de logement, notamment, ont été réduits.

 

"Intelligent et généreux, le peuple algérien a su reconnaître parfaitement qui oeuvrait pour son bien et qui le trompait. Il l'a bien prouvé en avril 2004", a-t-il dit, en faisant allusion à la confiance dont le peuple algérien lui témoigné en le plébiscitant pour un deuxième mandat.

 

"Je suis votre humble serviteur (...) qui vous montre la voie du progrès, qui vous dit +unissons-nous+ et +en avant pour le développement+, conquérons les premières places dans cette planète en pleine mondialisation", a insisté le Président Bouteflika.

 

S'adressant aux jeunes, il les a exhorté à construire leur avenir, en consacrant les valeurs de la cohésion et de l'unité.

 

Il s'est, en outre, engagé à "rester fidèle aux idéaux des martyrs et moudjahidine", et "d'être digne de la confiance" dont le peuple l'a investi.

 

La paix et la réconciliation nationale "favorisent le développement", a plaidé le Président Bouteflika, en espérant revenir à Laghouat, qui a été "éprouvée par le terrorisme et isolée du reste du pays", pour "inaugurer de nombreux projets" en faveur des populations locales.

 

Il a, par ailleurs, rendu hommage aux figures historiques qui ont combattu le colonialisme français et propagé la culture et l'enseignement de l'islam dans la région.

 

Le Président Bouteflika a également défendu le rôle des différentes écoles soufies en Algérie dans la préservation des valeurs authentiques de l'islam et de la culture nationale.