SYNTHESE
DU DISCOURS
Le
Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a souligné à Chlef que la
tragédie nationale concerne l'ensemble des Algériens, affirmant qu'il n'existe
pas de famille algérienne qui n'ait pas été endeuillée par le terrorisme.
"Nous ne
sommes pas là pour rien ou pour oublier ce qui a été fait, mais il faut rappeler
à l'esprit des gens que beaucoup de familles algériennes ont été éprouvées et
endeuillées et ont payé un lourd tribut à cause du terrorisme", a indiqué le
Président de la République lors d'un meeting populaire qu'il a animé au
complexe Mohamed-Boumezrag de Chlef.
Face à
une foule nombreuse de citoyens venus également des wilayas d'Aïn Defla, de
Tissemsilt, de Relizane et de Médéa, le chef de l'Etat a estimé nécessaire de
promulguer des lois en faveur de cette catégorie de la société.
"Nous
ne pourrons pas régler tous les problèmes, mais il faut commencer dès
maintenant à prendre en charge une partie des problèmes des victimes du
terrorisme", a-t-il insisté.
Le
Président Bouteflika a évoqué également la question des familles des
terroristes, estimant qu'elles "ne sont, en aucun cas, responsables des
actes commis par leurs enfants".
"En quoi
une mère, une épouse ou une sœur peut-être coupable de ce qui a été commis par
son fils, son mari ou son frère", s'est-il interrogé avant de poursuivre : "Si
elles ne sont pas coupables, alors mieux vaut les prendre en charge et oeuvrer
à trouver des solutions à leurs problèmes".
Pour le
chef de l'Etat, l'enfant du terroriste "est avant tout un Algérien et de ce
fait, il a droit à l'enseignement, au vote et à la liberté de se déplacer et
tous ses droits sont garantis".
Dans ce
cadre, le Président de la République a insisté sur le fait de "se réconcilier et
de parler à cœur ouvert" pour pouvoir, a-t-il dit, "concrétiser ce qu'on pourra
faire et laisser de côté ce que nous ne pouvons pas réaliser".
Le chef
de l'Etat a ajouté que "même si nos cœurs étaient pleins de clémence et
d'esprit de solidarité pour qu'on puisse pardonner, on ne doit pas oublier les
dizaines de milliers de victimes et les dizaines de milliards de dégâts et
toutes les souffrances endurées par notre pays".
Le
Président de la République a, par ailleurs, affirmé qu'il "est impossible de
retourner aux années 1990", ajoutant que "l'Algérie de 2005 n'est pas celle
de l'année 1999" et que "notre pays avance et ne recule pas".
Et de
s'interroger : "peut-on imaginer le président américain, Georges Bush revenir à
l'avant 11 septembre 2001, et le premier ministre britannique, Tony Blair à la
période d'avant les attentats de Londres et l'Espagne à celle d'avant les
attentas de Madrid?".
Dans le
même contexte, il a mis l'accent sur la nécessité de bannir à jamais toutes
formes d'hypocrisie et de tricherie, de dépasser la haine, la rancœur et les
règlements de compte pour prôner la culture de pardon et de clémence.
Evoquant
la loi sur la concorde civile, le Président Bouteflika a tenu à préciser que
celle-ci a permis à de nombreux égarés à retrouver le droit chemin.
Il a
réitéré, de ce fait, son engagement à prendre en charge les problèmes
socio-professionnels de tous ceux qui se sont rendus aux autorités, après la
mise en application de la loi en janvier 2000, à l'exception de ceux qui sont
impliqués dans des massacres collectifs, des viols ou de pose d'explosifs dans
les lieux publics.
Il a
ajouté que la loi sur la concorde civile a "permis aux Algériens de retrouver
leur dignité et leur fierté" après que celles-ci, a-t-il affirmé, "eurent été
bafouées pendant longtemps".
D'un
autre côté, le Président de la République a relevé que la réconciliation
nationale "n'est pas acceptée par certains, y compris au sein même du pouvoir".
La
réconciliation nationale, a-t-il expliqué, "n'arrange pas les affaires des
trabendistes, ceux qui pratiquent le business politique et ceux qui ont usurpé
le pouvoir". Ils sont tous partisans du statu-quo", a-t-il encore souligné.
Le
Président Bouteflika a, d'autre part, appelé à "une participation massive,
efficace et convaincante" au référendum du 29 septembre prochain, assurant
qu'il "respectera la décision du peuple quelle qu'elle soit", ajoutant que "si
le peuple dit 'oui', je serai au rendez-vous", a-t-il promis.
Le
Président de la République s'est déclaré porteur d'un message de paix et
réconciliation nationale adressé aux jeunes exhortant ces derniers à faire
preuve de plus de volonté et de détermination pour se mettre au travail et
participer à l'édification de leur pays.
Il a
également indiqué que l'Algérie "a les capacités et le génie de concilier entre
une politique socialiste, plus socialiste que celle des années 60 et 70 et une
politique basée sur l'économie de marché", estimant que la "facture sociale est
aujourd'hui plus lourde que dans les années précédentes".
Evoquant
le rôle de la région des Ouanseris durant la guerre de libération nationale, le
Président Bouteflika a mis en exergue les "grands efforts" qu'elle a consentis
pour combattre le colonialisme, considérant la wilaya de Chlef comme étant" la
mémoire de toute la région".
Il a
affirmé que les fils de harkis "ne sont pas responsables des actes commis par
leurs pères", ajoutant que "s'ils veulent être des algériens à part entière,
ils n'ont qu'a prouver leur bonne volonté à servir leur pays".
Après
avoir loué les mérites de tous les héros de la région, qui se sont sacrifiés
pour que l'Algérie reste debout, le Président de la République s'est dit
convaincu quant à la possibilité de " tourner les pages noires de notre
histoire", d'autant plus, a-t-il expliqué que "notre mal est interne, entre
Algériens".
"Même
s'il y a des parties extérieures qui veulent s'immiscer dans nos affaires
internes, cela ne nous inquiète pas", a noté le Chef de l'Etat, ajoutant que
"Ce qui nous intrigue, par contre, c'est de voir les algériens s'entretuer et
détruire leurs propres réalisations ".
Pour le
chef de l'Etat, les Algériens sont unis par une "constitution qui consacre
l'Islam comme religion d'Etat" soulignant a cet effet: "nous n'avons nullement
besoin d'un Etat théocratique".
"Maintenant, s'il y a des gens qui sont contre cette vision, je leur dirai que
je suis bien placé pour savoir ce qui se passe au sein du pouvoir et dans les
sphères de l'Etat", a-t-il poursuivi.
S'agissant de l'amnistie générale, le Président de la République a indiqué que
"peu nombreux sont qui saisissent l'ampleur des conséquences néfastes pouvant
découler de cette voie".
Il a, à
ce titre, réitéré son affirmation que la résolution de la crise "doit se
faire progressivement" et qu'"il n'y a pas une autre issue que celle de la
réconciliation nationale".
Le chef
de l'Etat s'est engagé, par ailleurs, à prendre en charge toutes les victimes
de la tragédie nationale, estimant que l'état est responsable et tendra la main
à tous ceux qui se sont rendus aux autorités.
Le chef
de l'Etat a, en outre, affirmé que la souveraineté revient au peuple et à lui
seul, assurant qu'il "aura le libre choix" lors du référendum du 29 septembre et
que sa volonté "sera totalement respectée".
Il a,
dans ce sens, appelé à un vote massif de la population pour que les résultats,
a-t-il dit, "puissent exprimer la volonté réelle du peuple".
Le
Président Bouteflika a saisi cette occasion pour saluer les forces vives de la
nation et rendre un hommage particulier aux forces de sécurité et à tous les
patriotes pour leur lutte contre le terrorisme et pour que l'Algérie reste
debout.
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