Meeting de Chlef

Jeudi, 01 septembre 2005

 

SYNTHESE DU DISCOURS

Le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, a souligné à Chlef que la tragédie nationale concerne l'ensemble des Algériens, affirmant qu'il n'existe pas de famille algérienne qui n'ait pas été endeuillée par le terrorisme.

"Nous ne sommes pas là pour rien ou pour oublier ce qui a été fait, mais il faut rappeler à l'esprit des gens que beaucoup de familles algériennes ont été éprouvées et endeuillées et ont payé un lourd tribut à cause du terrorisme", a indiqué le Président de la République lors d'un meeting populaire qu'il a  animé au complexe Mohamed-Boumezrag de Chlef.

Face à une foule nombreuse de citoyens venus également des wilayas d'Aïn  Defla, de Tissemsilt, de Relizane et de Médéa, le chef de l'Etat a estimé nécessaire  de promulguer des lois en faveur de cette catégorie de la société.

"Nous ne pourrons pas régler tous les problèmes, mais il faut commencer  dès maintenant à prendre en charge une partie des problèmes des victimes du  terrorisme", a-t-il insisté.

Le Président Bouteflika a évoqué également la question des familles  des terroristes, estimant qu'elles "ne sont, en aucun cas, responsables des  actes commis par leurs enfants".

"En quoi une mère, une épouse ou une sœur peut-être coupable de ce  qui a été commis par son fils, son mari ou son frère", s'est-il interrogé avant  de poursuivre : "Si elles ne sont pas coupables, alors mieux vaut les  prendre en charge et oeuvrer à trouver des solutions à leurs problèmes".

Pour le chef de l'Etat, l'enfant du terroriste "est avant tout un Algérien  et de ce fait, il a droit à l'enseignement, au vote et à la liberté de se déplacer  et tous ses droits sont garantis".

Dans ce cadre, le Président de la République a insisté sur le fait de "se réconcilier et de parler à cœur ouvert" pour pouvoir, a-t-il dit, "concrétiser ce qu'on pourra faire et laisser de côté ce que nous ne pouvons pas réaliser".

Le chef de l'Etat a ajouté que "même si nos cœurs étaient pleins de  clémence et d'esprit de solidarité pour qu'on puisse pardonner, on ne doit pas  oublier les dizaines de milliers de victimes et les dizaines de milliards de  dégâts et toutes les souffrances endurées par notre pays".

Le Président de la République a, par ailleurs, affirmé qu'il  "est impossible de retourner aux années 1990", ajoutant que "l'Algérie de 2005  n'est pas celle de l'année 1999" et que "notre pays avance et ne recule pas".

 Et de s'interroger : "peut-on imaginer le président américain, Georges  Bush revenir à l'avant 11 septembre 2001, et le premier ministre britannique,  Tony Blair à la période d'avant les attentats de Londres et l'Espagne à celle  d'avant les attentas de Madrid?".

 Dans le même contexte, il a mis l'accent sur la nécessité de bannir  à jamais toutes formes d'hypocrisie et de tricherie, de dépasser la haine, la  rancœur et les règlements de compte pour prôner la culture de pardon et de  clémence.

 Evoquant la loi sur la concorde civile, le Président Bouteflika a tenu  à préciser que celle-ci a permis à de nombreux égarés à retrouver le droit chemin.

 Il a réitéré, de ce fait, son engagement à prendre en charge les problèmes  socio-professionnels de tous ceux qui se sont rendus aux autorités, après la  mise en application de la loi en janvier 2000, à l'exception de ceux qui sont  impliqués dans des massacres collectifs, des viols ou de pose d'explosifs dans  les lieux publics.

 Il a ajouté que la loi sur la concorde civile a "permis aux Algériens  de retrouver leur dignité et leur fierté" après que celles-ci, a-t-il affirmé,  "eurent été bafouées pendant longtemps".

 D'un autre côté, le Président de la République a relevé que la réconciliation  nationale "n'est pas acceptée par certains, y compris au sein même du pouvoir".

La réconciliation nationale, a-t-il expliqué, "n'arrange pas les affaires  des trabendistes, ceux qui pratiquent le business politique et ceux qui  ont usurpé le pouvoir". Ils sont tous partisans du statu-quo", a-t-il encore  souligné.

 Le Président Bouteflika a, d'autre part, appelé à "une participation massive, efficace et convaincante" au référendum du 29 septembre prochain, assurant  qu'il "respectera la décision du peuple quelle qu'elle soit", ajoutant que "si le peuple dit 'oui', je serai au rendez-vous", a-t-il promis.

Le Président de la République s'est déclaré porteur d'un message de paix et réconciliation nationale adressé aux jeunes exhortant ces derniers à faire preuve de plus de volonté et de détermination pour se mettre au travail et participer à l'édification de leur pays.

Il a également indiqué que l'Algérie "a les capacités et le génie de  concilier entre une politique socialiste, plus socialiste que celle des années  60 et 70 et une politique basée sur l'économie de marché", estimant que la "facture  sociale est aujourd'hui plus lourde que dans les années précédentes".

Evoquant le rôle de la région des Ouanseris durant la guerre de libération  nationale, le Président Bouteflika a mis en exergue les "grands efforts" qu'elle  a consentis pour combattre le colonialisme, considérant la wilaya de Chlef comme  étant" la mémoire de toute la région".

Il a affirmé que les fils de harkis "ne sont pas responsables des actes  commis par leurs pères", ajoutant que "s'ils veulent être des algériens à part  entière, ils n'ont qu'a prouver leur bonne volonté à servir leur pays".

Après avoir loué les mérites de tous les héros de la région, qui se  sont sacrifiés pour que l'Algérie reste debout, le Président de la République  s'est dit convaincu quant à la possibilité de " tourner les pages noires de  notre histoire", d'autant plus, a-t-il expliqué que "notre mal est interne,  entre Algériens".

"Même s'il y a des parties extérieures qui veulent s'immiscer dans nos  affaires internes, cela ne nous inquiète pas", a noté le Chef de l'Etat, ajoutant  que "Ce qui nous intrigue, par contre, c'est de voir les algériens s'entretuer  et détruire leurs propres réalisations ".

Pour le chef de l'Etat, les Algériens sont unis par une "constitution  qui consacre l'Islam comme religion d'Etat" soulignant a cet effet: "nous  n'avons nullement besoin d'un Etat théocratique".

"Maintenant, s'il y a des gens qui sont contre cette vision, je leur  dirai que je suis bien placé pour savoir ce qui se passe au sein du pouvoir et dans les sphères de l'Etat", a-t-il poursuivi.

S'agissant de l'amnistie générale, le Président de la République a indiqué que "peu nombreux sont qui saisissent l'ampleur des conséquences néfastes  pouvant découler de cette voie".

Il a, à ce titre, réitéré son affirmation que la résolution de la crise "doit se faire progressivement" et qu'"il n'y a pas une autre issue que celle de la réconciliation nationale".

Le chef de l'Etat s'est engagé, par ailleurs, à prendre en charge toutes  les victimes de la tragédie nationale, estimant que l'état est responsable et tendra la main à tous ceux qui se sont rendus aux autorités.

Le chef de l'Etat a, en outre, affirmé que la souveraineté revient au peuple et à lui seul, assurant qu'il "aura le libre choix" lors du référendum du 29 septembre et que sa volonté "sera totalement respectée".

Il a, dans ce sens, appelé à un vote massif de la population pour que les résultats, a-t-il dit, "puissent exprimer la volonté réelle du peuple".

Le Président Bouteflika a saisi cette occasion pour saluer les forces vives de la nation et rendre un hommage particulier aux forces de sécurité et à tous les patriotes pour leur lutte contre le terrorisme et pour que l'Algérie reste debout.